Après notre bref arrêt dans les Tuamotu nous avons mis le cap sur les îles de la Société et pour notre première escale nous avons choisi la plus connue de toute c'est-à-dire Tahiti, plus précisément la ville de Papeete. L’île est simplement enchanteresse. La ville est propre et conséquemment chère. Par contre, ça vaut le cout. Ne connaissant pas l’endroit, nous avons passé les premiers jours au quai des yachts au centre de Papeete. Outre le fait que les quais coutent cher, $50 par nuit, ils ont eu la brillante idée d’instaurer un système, assez populaire en Europe, pour s’attacher aux quais qui s’appelle en anglais le ‘med mooring’. Pour un Européen, utiliser un tel système est peut-être de la routine mais pour nous, nord-américain, c’était la première fois que nous étions confronté à cette monstruosité. Grosso modo, il s’agit d’un long quai sur lequel on attache le derrière du bateau sur les taquets alors que le devant est attaché à une grosse chaine dans le fond de l’eau par l’entremise d’amarres elles aussi dans le fond de l’eau. Pour retirer les amarres en question, ils les ont attachées a de plus petites cordes de guide lesquelles sont tirées jusqu’au quai. La distance entre chacune de ces cordes de guide et d’environ 12 pieds (4 m) et comme notre bateau fait 21 pieds (7 m) de large nous avions une corde de chaque coté et évidement une corde dans le centre sous le bateau. N’importe qui possédant un bateau sait très bien que la pire chose à avoir près d’un bateau lorsque les hélices tournent c’est précisément une corde dans l’eau! J’étais à la roue et Danielle s’occupait d’attraper les cordes et de les attacher. J’ai commencé à reculer lentement le bateau vers le quai pour le positionner entre les deux cordes de guide. Tout ce passait bien sauf que nous avions un vent de coté. Danielle à attrapé la première corde de guide et s’est rapidement précipitée à l’avant pour attacher l’amarre au bateau. Mais la manœuvre a prise trop de temps et le bateau a commencé à dériver sur le coté et la maudite corde guide s’est mise à pousser sur la rambarde et menaçait de la torde. Il fallait que je fasse quelque chose mais un bateau, même avec deux moteurs, ça ne se tasse pas sur le coté. Tout ce que je pouvais faire c’est de tourner le bateau pour enlever la pression sur la rambarde. Avec l’amarre déjà attachée à l’avant d’un coté, le devant est resté en place et le derrière s’est mis à se tasser sur le coté. C’est ce que je voulais mais là nous avions une corde guide qui passait au centre du bateau et évidement elle s’est prise dans le gouvernail. J’ai immédiatement arrêté l’hélice de ce coté et j’étais maintenant pris avec un coté du bateau attaché à l’avant et une corde prise dans le gouvernail et probablement dans l’hélice! J’ai dit à Danielle, OK on arrête tout ça. On a détaché l’amarre en avant et avons pu placer le bateau sur le coté et l’attacher au quai dans cette position. J’ai plongé pour vérifier l’hélice et évidement la petite corde guide de mes deux étaient enroulée autour. Heureusement pas de dommage et après 10 minutes l’hélice était libérée. On s’est repris une deuxième fois mais cette fois-ci nous avons attaché en premier les amarres de l’arrière du bateau au quai, puis j’ai mis les moteurs vers l’avant ce qui nous gardait en position stable pendant que nous attachions les amarres à l’avant. Sauf que là on n’était pas encore au bout de notre misère. Danielle s’est dépêchée à tirer sur les cordes guides en faisant bien attention de ne pas les prendre dans les hélices qui tournaient au ralenti. Mais elle n’avait pas remarqué que les maudites cordes en question, inventées par le diable en personne, étaient couvertes de petits coquillages coupant comme des lames de rasoir. Après que les amarres furent attachées et que le bateau était bien en place, Danielle, qui était sur le bord d’une crise de nerf après une procédure d’amarrage probablement conçue par les experts allemands de torture mentale pendant la deuxième guerre mondiale, se tenait sur le pont avec ses deux mains en avant d’elle pendant que son sang coulait à grosse goutes sur ses pieds. Ses doigts avaient été littéralement lacérés par les coquillages et étaient en hémorragie. Je me suis précipité à l’intérieur et ramené des pansements et du désinfectant. Nous avons nettoyé les coupures et arrêté les saignements. En fin de compte les coupures n’étaient pas très profondes mais il y en avait beaucoup. Il aura fallu quelques jours à Danielle avant de retrouver le plein usage de ses mains. Si jamais je mets la main sur le crétin qui a inventé ce système je pense que je vais prendre sa maudite corde pleine de coquillage et la lui enrouler autour des couilles!vendredi 28 mai 2010
Notre arrivée à Tahiti.
Après notre bref arrêt dans les Tuamotu nous avons mis le cap sur les îles de la Société et pour notre première escale nous avons choisi la plus connue de toute c'est-à-dire Tahiti, plus précisément la ville de Papeete. L’île est simplement enchanteresse. La ville est propre et conséquemment chère. Par contre, ça vaut le cout. Ne connaissant pas l’endroit, nous avons passé les premiers jours au quai des yachts au centre de Papeete. Outre le fait que les quais coutent cher, $50 par nuit, ils ont eu la brillante idée d’instaurer un système, assez populaire en Europe, pour s’attacher aux quais qui s’appelle en anglais le ‘med mooring’. Pour un Européen, utiliser un tel système est peut-être de la routine mais pour nous, nord-américain, c’était la première fois que nous étions confronté à cette monstruosité. Grosso modo, il s’agit d’un long quai sur lequel on attache le derrière du bateau sur les taquets alors que le devant est attaché à une grosse chaine dans le fond de l’eau par l’entremise d’amarres elles aussi dans le fond de l’eau. Pour retirer les amarres en question, ils les ont attachées a de plus petites cordes de guide lesquelles sont tirées jusqu’au quai. La distance entre chacune de ces cordes de guide et d’environ 12 pieds (4 m) et comme notre bateau fait 21 pieds (7 m) de large nous avions une corde de chaque coté et évidement une corde dans le centre sous le bateau. N’importe qui possédant un bateau sait très bien que la pire chose à avoir près d’un bateau lorsque les hélices tournent c’est précisément une corde dans l’eau! J’étais à la roue et Danielle s’occupait d’attraper les cordes et de les attacher. J’ai commencé à reculer lentement le bateau vers le quai pour le positionner entre les deux cordes de guide. Tout ce passait bien sauf que nous avions un vent de coté. Danielle à attrapé la première corde de guide et s’est rapidement précipitée à l’avant pour attacher l’amarre au bateau. Mais la manœuvre a prise trop de temps et le bateau a commencé à dériver sur le coté et la maudite corde guide s’est mise à pousser sur la rambarde et menaçait de la torde. Il fallait que je fasse quelque chose mais un bateau, même avec deux moteurs, ça ne se tasse pas sur le coté. Tout ce que je pouvais faire c’est de tourner le bateau pour enlever la pression sur la rambarde. Avec l’amarre déjà attachée à l’avant d’un coté, le devant est resté en place et le derrière s’est mis à se tasser sur le coté. C’est ce que je voulais mais là nous avions une corde guide qui passait au centre du bateau et évidement elle s’est prise dans le gouvernail. J’ai immédiatement arrêté l’hélice de ce coté et j’étais maintenant pris avec un coté du bateau attaché à l’avant et une corde prise dans le gouvernail et probablement dans l’hélice! J’ai dit à Danielle, OK on arrête tout ça. On a détaché l’amarre en avant et avons pu placer le bateau sur le coté et l’attacher au quai dans cette position. J’ai plongé pour vérifier l’hélice et évidement la petite corde guide de mes deux étaient enroulée autour. Heureusement pas de dommage et après 10 minutes l’hélice était libérée. On s’est repris une deuxième fois mais cette fois-ci nous avons attaché en premier les amarres de l’arrière du bateau au quai, puis j’ai mis les moteurs vers l’avant ce qui nous gardait en position stable pendant que nous attachions les amarres à l’avant. Sauf que là on n’était pas encore au bout de notre misère. Danielle s’est dépêchée à tirer sur les cordes guides en faisant bien attention de ne pas les prendre dans les hélices qui tournaient au ralenti. Mais elle n’avait pas remarqué que les maudites cordes en question, inventées par le diable en personne, étaient couvertes de petits coquillages coupant comme des lames de rasoir. Après que les amarres furent attachées et que le bateau était bien en place, Danielle, qui était sur le bord d’une crise de nerf après une procédure d’amarrage probablement conçue par les experts allemands de torture mentale pendant la deuxième guerre mondiale, se tenait sur le pont avec ses deux mains en avant d’elle pendant que son sang coulait à grosse goutes sur ses pieds. Ses doigts avaient été littéralement lacérés par les coquillages et étaient en hémorragie. Je me suis précipité à l’intérieur et ramené des pansements et du désinfectant. Nous avons nettoyé les coupures et arrêté les saignements. En fin de compte les coupures n’étaient pas très profondes mais il y en avait beaucoup. Il aura fallu quelques jours à Danielle avant de retrouver le plein usage de ses mains. Si jamais je mets la main sur le crétin qui a inventé ce système je pense que je vais prendre sa maudite corde pleine de coquillage et la lui enrouler autour des couilles!jeudi 27 mai 2010
Déçus par Rangiroa.
L’atoll de Rangiroa est l’un des nombreux atolls formant les Tuamotu, l’un des quatre secteurs des Polynésiennes Françaises avec les Marquises, les Îles de la Société et les Îles Australes. Nous avons choisi de nous arrêter ici puisqu’il s’agit du plus grand atoll des Tuamoutu et l’endroit semblait prometteur. Un atoll est une chaine d’îles crées par les bancs de corail qui entouraient jadis une île. L’île s’est enfoncée avec le temps mais les bancs de corail sont restés et éventuellement les coraux et leurs débris ont formé des îles que les locaux appellent des motus. Il ne fait aucun doute que l’endroit est très beau avec des plages de sable, des palmiers partout et une eau si claire qu’elle ferait rougir un Bahamien. (Les Bahamas ont l’une des eaux les plus claires du monde.) Notre déception ne vient pas de l’environnement mais bien des gens de la région. Nous avons mouillé tout près du village de Tiputa et l’île à proximité contient probablement plus de touristes que de locaux. Pour cette raison, les gens de l’île sont devenus ‘’immunisés’’ des touristes et ne disent pas bonjours, ne sourient pas et, dans certains cas, ne répondent même pas lorsque l’on essaye de leur parler sur la rue. C’était vraiment un sentiment étrange que nous avons eu alors que depuis maintenant plus d’un an et demi nous avons été habitués à rencontrer des gens gentils et chaleureux partout où nous allions. La plongé en apnée était assez intéressante par contre. Tout près du bateau, nous avions des têtes de corail peuplées de poissons multicolores. Malheureusement, il y a plusieurs années El Nino à fait monté la température de l’eau de 2 ou 3 degrés et les têtes de corail ont blanchies. Un ouragan a suivit quelques années plus tard pour finir le travail. Par contre, nous avons mouillé brièvement en face du village d’Avatoru à environ 7 miles à l’ouest de Tiputa et j’ai plongé pour voir si l’ancre était accrochée correctement puisque tout ce que nous pouvions voir était des coraux. La marée descendait et le lagon, au milieu de l’atoll, se vidait par la passe créant un très fort courant. J’ai réussi à nager contre le courant jusqu’à la proue du bateau mais je ne pouvais pas aller plus loin alors je me suis laissé ramener par le courant à l’arrière du bateau où je me suis agrippé à la poigné des escaliers juste au moment ou je passais les marches. Je n’ai peut-être pas vu l’ancre mais j’ai vu, par contre, un tapis de coraux s’étendant aussi loin que je pouvais voir. Les coraux avaient la forme de grosses fleurs et la quantité de couleurs était saisissante. Normalement, à un endroit donné, les coraux offrent une palette de couleur limitée mais ici j’ai eu droit au spectre complet de l’arc-en-ciel. Le courant étant trop fort, nous ne pouvions pas rester très longtemps, et surtout pas dans l’eau, alors nous avons du nous en aller. Danielle n’a pas vu les coraux ce jour-là mais moi j’en garderai le souvenir très longtemps.samedi 8 mai 2010
Visite dans les Marquises.
La première chose qui nous frappe lorsque l’on arrive dans les Marquises c’est la beauté majestueuse du paysage de ces îles volcaniques. Crachée du centre de la terre, la larve s’est élevée au dessus de la surface de l’eau pour créer des îles aux paysages splendides sur lesquelles pousse une végétation luxuriante. Bon, une fois qu’on s’est remis de la beauté poétique des hautes falaises et des palmiers on revient à des choses plus terre à terre comme le nom des endroits ici. Par exemple, après notre traversée du Pacifique nous nous sommes arrêtés au village d’Atuona sur l’île de Hiva-Oa dans le département français des Marquises en Polynésie Françaises. Les îles dans les marquises ont des noms tels que Tahuata, Fatu Hiva, Nuku Hiva ou bien ma préférée Ua Pou. Pour les gens d’ici qui parlent Marquisien c’est évident que ces noms veulent dire quelque chose mais pour nous pauvres mortels ce n’est que des suites de sons sans signification et cela a pour effet qu’il est très difficile de s’en rappeler. Juste pour vous montrer, sans relire le texte, quel est le nom de l’île où nous nous sommes arrêtés? Vous pouvez vous imaginer de quoi a l’air une conversation avec les équipages des autres bateaux ici. ‘’Planifiez-vous d’aller à Hatutu?’’ l’autre d’un air perplexe répond ‘’Heu! Hatutu c’est tu l’île au nord d’ici à coté de Kaukura? Heu non attend, Kaukura c’est dans l’archipel des Tuamotu, pas dans les Marquises…’’ et ainsi de suite.
Mais après trois semaines en mer les gens qui ont traversé le Pacifique ont besoins de parler avec d’autres êtres humains. Pour parler de la traversée bien sur mais surtout de parler, point. À Hiva-Oa nous avons passé beaucoup de temps à socialiser et le jour de notre arrivé nous étions bien content de revoir nos amis français Dominique et Malou à bord de leur catamaran de 65 pieds (20m) Cata Fjord que nous avons rencontré pour la première fois à St-Georges en Grenade. Vous pouvez les voir ici sur la photo de gauche. Dominique et Malou sont des gens intelligents et extrêmement sympathiques. Danielle et moi pouvons passer 5 ou 6 heures d’affilé à parler avec eux et avoir l’impression que l’on vient à peine de commencer la discussion! Nous avons passé beaucoup de temps avec eux, autour d’un souper puis le lendemain pour le petit déjeuné, à parler de bateau et à régler les problèmes du monde. Malheureusement, notre itinéraire est beaucoup plus rapide que le leur et on ne sait vraiment pas à quel moment nous allons pouvoir les revoir. Sur la photo du centre et celle de droite vous pouvez voir Max et Peter, deux australiens voyageant à bord du voilier Yanada que nous avons rencontré aux Galápagos. Ils avaient quelques problèmes à régler les formalités d’entrée dans le pays et nous avons pu les aider à ce sujet. Savoir parler français dans les Polynésiennes Françaises et définitivement un atout lorsque vient le temps de débroussailler les différentes options qui s’offrent à nous pour payer l’infâme caution imposée ici par les autorités qui obligent les étrangers en visite ici à avoir soit un billet d’avions de retour ou de payer une caution correspondant au prix d’un billet d’avion pour retourner dans votre pays d’origine, lequel vous est remboursé à votre sortie. Je fais une histoire courte mais les choses sont beaucoup plus compliquées, et surtout plus cher, qu’elles ne le paraissent avec la caution. Nous avons eu beaucoup de plaisir par la suite à passer la soirée à bord de Yanada et à nous tordre les oreilles pour comprendre l’accent et les expressions australiens. Disons que c’est tout un exploit de suivre la conversation de Peter après que le vin ais coulé à flot pendant trois heures! Tout comme pour Cata Fjord, notre route se sépare maintenant de celle de Yanada et on ne reverra Max ou Peter que peut-être lorsque nous arriverons en Australie. C’est une triste réalité de la vie en bateau. On rencontre beaucoup de gens intéressants puis un jour, dans un claquement de doigt, il faut leur dire adieu et il ne reste que les emails pour garder le contact par la suite.
À Hiva-Oa, nous avons pris un tour guidé de l’île durant laquelle nous avons principalement été voir les paysages magnifiques de l’endroit mais nous avons également eu droit a un diner dans l’un des restaurants local où nous avons pu savourer un bon échantillon de la gastronomie polynésienne. Disons simplement que les plats étaient vraiment bons et que les polynésiennes savent vraiment bien cuisiner. Ca devient assez évident lorsque l’on regarde les bedaines de leurs maris! Sur la photo vous pouvez apercevoir, au centre, un plat de crevettes sur des épinards au lait de coco entouré d’un plat de fruits de l’arbre à pain et de bananes sucrées, de poisson cru dans le lait de coco, de purée de fruits solidifiée et de riz.
Durant notre visite de l’île nous avons été voir un site cérémonial où les polynésiens d’antan ont sculpté les fameux tikis, ces statues de pierre représentant l’esprit de personnages célèbres ou d’un évènement important de la vie comme ici sur la photo de droite ou l’on peut voir la statue d’une femme en train d’accoucher. D’après la face qu’elle fait le bébé devait être gros en titi, peut-être le guerrier qu’on voit dans le fond sur la photo de gauche! En passant, je ne suis pas accroupi pour essayer de voir le bébé en question mais bien pour regarder les dessins sculptés sur la base de la statue!
À Hiva-Oa sont enterrés deux personnages célèbres; l’auteur et interprète Jacques Brel et le maître peintre Paul Gauguin. Jacques Brel, belge de naissance, a passé les dernières années de sa vie ici et a rendu l’âme en 1978 à l’âge prématuré de 49 ans, merci à la cigarette et au cancer du poumon qui s’en est suivi. Sur la plaque à coté de sa tombe on peut lire :
Passant,
Homme de voiles
Homme d’étoiles
Ce troubadour
Enchanta nos vies
De la mer du Nord
Aux Marquises
Le poète,
Du bleu de son éternité
Te remercie
De ton passage
Un joli poème à l’image des chansons de ce grand artiste qui nous font voyager dans l’imaginaire de la réalité peinte dans le style unique de Brel. Je sais que de dire ‘’l’imaginaire de la réalité’’ peut sembler un peu bizarre mais il faut écouter Brel pour comprendre ce que je veux dire.
Paul Gauguin, tant qu’à lui, à passer la majeure partie du temps qu’il a passé ici à boire et à se mettre à dos les autorités locales. Je ne suis pas très connaissant de l’art de Gauguin alors je n’ai pas grand-chose à en dire.
Il est difficile de venir au Marquises sans voir, à un moment donné, l’une de ces pirogues inspirées de celles utilisées par les premiers colons venu d’Asie il y a plusieurs siècles de cela. Le bois a laissé la place à la fibre de verre, plus légère, dans leur fabrication mais les gens ici semble prendre les compétitions de pirogues très au sérieux et s’entrainent régulièrement dans la baie. Danielle, tant qu’à elle, trouvait la carrure de certains rameurs plutôt attrayante! Moi, loin d’être jaloux voyons, je lui ai rappelé que les pectoraux et les biceps c’était bien beau mais que ayant travaillé sur un ordinateur toute ma vie j’avais, moi-même, les muscles des doigts très bien développés! vendredi 23 avril 2010
Nous avons traversé l’océan Pacifique.
Ça y est, nous l’avons fait nous avons traversé l’océan Pacifique dans ce qui représente notre plus long passage en mer planifié. Nous avons navigué sans escale 3050 nm (5673km) pendant 22 jours et 30 minutes avec une vitesse moyenne de 5.8 nœuds (11km/hr). Pour ce passage, nous sommes partis de l’île de San Cristobal dans les Galápagos et avons terminé à l’île de Hiva Oa dans les îles Marquises en Polynésie Françaises. Plusieurs considèrent ce passage comme un exploit ou même un but dans leur vie. Et quand bien même que bon an mal an des centaines de personnes font le même trajet nous pouvons dire que nous avons maintenant fait notre entrée dans le club très selecte des gens qui ont navigué un océan. Ce fut certainement une bonne aventure mais pas exactement de la façon que l’on pourrait penser puisque passer trois semaines en mer, lorsque tout ce passe bien, n’est pas très difficile. À Curaçao nous avons rencontré Gérard qui a déjà traversé cinq fois l’Atlantique et nous lui avons demandé comment c’était de traverser un océan. Il nous a regardé pendant un moment d’hésitation puis nous dit avec son accent français ‘’Bof vous savez, avec assez de temps même un botte de foin éventuellement peu traverser un océan. Ce n’est pas particulièrement difficile, c’est surtout ennuyant.’’ Et il n’a pas élaboré outre mesure. Ce que nous comprenons maintenant c’est que le défi n’est pas vraiment dans la traversée elle-même surtout dans le Pacifique, comme sont nom l’indique, est une étendue d’eau relativement calme durant la bonne saison. En fait, le défi est réellement de se rendre au point de départ et de partir. Pensez-y une minute. Avant de traverser l’océan en tant que tel, vous devez vous procurer un bateau, l’affréter avec l’équipement approprié, apprendre à les utiliser correctement, l’approvisionner avec les bons aliments et ainsi de suite. CELA représente beaucoup de travail et de sacrifices et requière des années de labeur et de dévouement. Si vous avez fait vos devoirs comme il le faut, le passage devrait être simple et plutôt ennuyant ainsi validant le succès de vos préparations et la consécration de votre détermination à atteindre un but. Par la constatation que notre passage s’est fait sans embuches, autre que les quelques réparations mineures que nous avons dû faire et qui sont normales lors d’un trajet si long, et le fait que notre forme physique sois celle d’un mollusque gastéropode par manque d’activité physique est probablement le signe que nous avons bien réussi. Lorsque je dis que les problèmes ont été mineurs je ne veux pas nécessairement dire non-spectaculaires, je vous donne plus de détails dans le deuxième paragraphe. Traverser un océan n’était pas, à proprement dit, un but dans notre voyage mais nous sommes néanmoins fières de l’avoir fait est c’est maintenant l’une de ces choses qui nous appartient et qui ne peuvent pas s’acheter mais peuvent seulement être gagnés. Notre voyage c’est bien déroulé mais nous ne pouvons pas attribuer ce succès seulement à nos talents de préparation puisqu’il y a aussi un grande part de chance. Beaucoup de gens s’aventure dans le même passage et se retrouvent malgré eux au beau milieu d’une tempête soudaine et imprévisible transformant tous leurs efforts en un enfer vivant. Cela n’a rien à voir avec leurs talents de navigateur ou de leur dévouement mais uniquement à la pure malchance. Le fait que rien ne nous soit arrivé de grave ne nous rend pas meilleurs qu’eux mais seulement plus chanceux. La première semaine, nous avons eu une bonne allure grâce à un vent fort du sud-est et basé sur les prédictions de vent que nous avions nous avons décidé de mettre le cap plus au sud afin de prendre avantage de vents plus forts et d’éviter un système de basse pressions s’étendant vers l’ouest pendant plusieurs jours amenant de la pluie et avec elle des vents imprédictibles. Nous avons quand même eu des nuages pendant quelques jours et avec eux des vagues de 10 pieds rendant la mer plutôt houleuse mais le tout s’est dissipé par la suite. Chaque jour, Danielle affichait notre position sur notre site web et merci à nos amis d’Ottawa Goeff et Ruth qui nous ont suivit tout le long et sont resté disponibles au cas où nous aurions eu besoin d’assistance.
Durant la deuxième semaine, le vent est devenu modéré et nous étions quand même capables de parcourir un bon 130 à 150 nm par jours. À la troisième semaine, nous avons été accueilli par des vents faibles lesquels ne font pas que nous ralentir mais sont également très difficile pour le bateau. Voyez-vous, les bateaux sont conçus pour des vents forts et stables. Les voiles sont bien gonflées et le bateau avance de façon stable. Lorsque le vent n’est plus assez fort pour maintenir les voiles gonflées en tout temps, les vagues font rouler le bateau et les voiles commencent à se balancer d’un mouvement lent mais souvent violent d’en avant en arrière. Tout spécialement pour la voile principale, la baume, qui est la barre horizontale tenant le pied de la voile, reçoit des chocs très forts et met beaucoup de stress sur l’attache qui la maintient au mat. Chaque jour, je devais aller vérifier que toutes les visses étaient encore en place et même remplacer celles qui étaient littéralement arrachées de leur filet. Mais encore une fois, puisque nous avons presque une quincaillerie complète à bord avec toute les visses possibles possible et impossible, ce n’était pas des problèmes difficiles à régler. Mais cette dernière semaine ne s’est pas terminée sans incident pour autant. La courroie de notre autopilote s’est brisée sous la pression exercée par les vagues rendant l’appareil hors d’usage. Mais, par une pure coïncidence, nous avons un deuxième autopilote au cas où le premier se briserait ….. Je vous le dit, juste de la chance! Au bout du compte, ça n’a pas été une grosse affaire bien que le deuxième autopilote consomme beaucoup plus d’énergie que le premier. A tout le moins, il a très bien fonctionné pendant ces trois derniers jours de notre passage. Notre destination était le village d’Atuona sur l’île de Hiva-Oa. La carte sur l’afficheur de carte montrait clairement l’emplacement de la baie où nous devions mouiller l’ancre mais tout ce que nous pouvions voir était une île couverte d’une végétation luxuriante et nous avons du nous rabattre sur le GPS pour nous indiquer la direction de l’entrée de la baie. D’après le GPS, nous étions à moins de trois miles de la baie et nous ne pouvions toujours pas la voire. À ce moment, nous avancions avec les moteurs afin de recharger les batteries et Danielle a pris la roue pendant que j’allais à l’avant pour ranger le foc. Danielle a alors regardé à l’intérieur de la cabine et a vue le paillasson, en avant de la porte, se mettre à bouger. Je l’ai alors entendue m’appeler d’un air paniqué. ’’Roger!!! Vient ici. Dépêches-toi vite et vient ici!’’ J’ai couru rapidement au cockpit et elle était à l’intérieure en train de se démener. Par la porte, j’ai alors vu que le plancher de la cabine était entièrement inondé et Danielle se démenais pour l’éponger. Après qu’il ait mis hors d’usage notre autopilote, le mauvais lutin du bateau a du être fâché que nous ayons réglé le problème si facilement et a du attendre au dernier moment avant que nous commencions la procédure d’entrée dans la baie pour tirer sur le tuyau branché à la sortie de la pompe à eau et ainsi vider le quart de notre réservoir d’eau et la moitié de notre réserve d’eau sur le plancher de la cabine. Si vous ne savez pas qui est le mauvais lutin du bateau allez lire notre article qui s’appelle ‘’Le bon lutin du bateau’’. Nous avons rapidement éteint la pompe à eau et essuyé rapidement le plancher autant que nous pouvions puis je suis retourné à la roue puisque nous nous approchions rapidement de la baie. À moins de un mile de distance de la baie, j’ai finalement aperçu que les arbres sur le coté sud de la baie bougeaient plus rapidement que ceux du coté nord et cela m’a finalement indiqué la position de l’entrée de la baie. Une demi-heure plus tard, nous étions ancré et Danielle m’a demandé ‘’On prend-tu une bonne bière là?’’, j’ai répondu ‘’Pas de problème pour moi’’ et pendant que nous relaxions dans le cockpit en sirotant notre bonne bière froide devant les falaises majestueuses de l’île j’ai regardé l’horloge; il était 9 :00 du matin!Une dernière note pour ceux qui se demandent si nous sommes toujours mariés après avoir passé trois semaines ensemble en mer. Plutôt que de créer des frictions entre nous, rester ensemble 24 heures sur 24, 7 jours par semaines, a en fait l’effet inverse sur nous. Après avoir navigué pendant plus d’un an et demi cote à cote, nous sommes mariés plus que jamais et nous nous sentons plus près l’un de l’autre en ce moment que nous ne l’avons jamais été durant nos treize années de vie commune précédent notre départ pour ce voyage. Nous sommes tellement habitués d’être ensemble qu’à un point durant le passage Danielle ne voulait pas aller se coucher toute seule dans la chambre à coucher et préférais se coucher sur le divan dans la cabine afin de rester avec moi. Dix pieds seulement séparent le divan et la chambre à coucher!vendredi 9 avril 2010
Dans le milieu de l'océan Pacifique.
Danielle a trouvé le moyen de publier des articles sur notre blog en utilisant la radio SSB alors je suis capable de vous écrire un petit mot sur notre passage du Pacifique mais malheureusement pas de photos. Alors que j'écris ces lignes, nous naviguons depuis plus de 14 jours, avons traversé environs 1900 nm (3535 km) depuis les Galapagos et il nous reste encore tout près de 1100 nm (2045 km) avant d'arriver aux îles Marquise dans les Polynésiennes Françaises. Comment est-ce ici? Pour tout dire, il n'y presque rien ici et je veux vraiment dire RIEN. En fait, il n'y tellement rien ici que vous n'avez pas idée de ce qu'est le néant avant d'être venu ici. Aucun bateau, aucun avion ou d'un bout de terre, juste de l'eau des vagues, le ciel et les nuages. Ils devraient mettre une pancarte flottante avec écrit dessus ''Ici c'est nulle part et vous y êtes au beau milieu!'' Nous n'avons pas vu ou parlé à un autre être humain depuis plus de 14 jours maintenant. Pensez-y une seconde et essayez de vous rappeler quelle est la plus longue période de temps pendant laquelle vous n'avez pas interagi avec une autre personne autre que votre conjoint?
Alors que faisons-nous? Enfin pas grand-chose puisque le mouvement continu des vagues nous empêche de faire quoique ce soit de plus compliqué que de lire et, avec un effort monstre, de cuisiner. En fait, nous devions sérieusement faire une vidéo de l'une de nos séances de cuisine. Essayez de faire cuire un steak avec des légumes et des patates pilées pendant que votre cuisine se balance de gauche à droite sans arrêts. Nous devons nous appuyer sur le comptoir avec les jambes écartées et tenir toutes les choses d'une main et de manipuler les ingrédients de l'autre. Puis il faut aller chercher le lait dans le réfrigérateur. Oh nooooonnnnn! Marchant les jambes écartées comme un lutteur sumo nous avançons péniblement vers le réfrigérateur en nous tenant sur la table de navigation en priant que, pendant que nous sommes éloignés du comptoir de cuisine, une vague plus grosse que les autres n'arrive pas et jette tout les plats par terre. Finalement, nous avons le pot de lait et retournons rapidement vers le comptoir mais cette fois on est un peu plus rusés. On attend le moment précis pendant la vague pour partir alors que la gravité nous pousse vers le comptoir. Et hop, en deux pas on est de retour maintenant comment qu'on fait pour mesurer une tasse de lait avec une seule main? Je crois que vous voyez le topo ici. Lorsque nous ne faisons pas d'acrobaties avec la nourriture et les chaudrons, nous passons la majeure partie de notre temps à lire. Lors de nos deux premières nuits en mer, nous faisions tout à la lettre et alternions nos quarts toute la nuit. Mais faire des quarts c'est fatiguant et puisqu'il n'y a tout simplement rien ici à part nous, il n'y avait rien d'autre à faire que de s'assurer que le bateau se comporte bien et d'ajuster les voiles lorsque le vent tourne. Mais étant dans l'océan Pacifique en dehors de la saison des ouragans, nous sommes au beau milieu des Alizés et au mieux nous devons ajuster les voiles une fois à tout les 12 heures! Alors la troisième nuit nous avons commencé à faire des petits sommes durant nos quarts dans le cockpit puis à la quatrième nuit on s'est dit ''Ah pis tant pis!'' Nous avons alors commis le péché le plus réprimandable pour des marins et avons été nous coucher tous les deux pour la nuit! Mais là pour notre défense, je veux mentionner que nous couchons sur la banquette de la cabine autour de la table où nous pouvons facilement entendre ce qui se passe avec le bateau et se lever rapidement si quelque chose de grave arrive. De plus, nous avons les affichages des instruments de navigations à l'intérieure de la cabine et nous pouvons y jeter un coup d'oil une fois de temps en temps. Au moins comme ça on a un peu de sommeil décent.
J'exagère peut être un peu lorsque je dis qu'il n'y traitement rien ici puisqu'il y a en fait un peu de vie sauvage autour de nous. À deux reprises, nous avons vu des dauphins nager dans nos environs et aussi incroyable que ça puisse paraître, alors que nous sommes à des milliers de miles du plus proche bout de terre, il y a beaucoup d'oiseaux ici et là. L'un d'eux a même passé deux ou trois jours avec nous en se perchant sur la rambarde durant la nuit et en allant pêcher une ou deux fois durant le jour. Presque tous les jours, je fais le tour du bateau afin de vérifier que tous les cordages et les gréements sont en bon état et durant ma ronde je jette habituellement par-dessus bord quatre ou cinq poissons volants ou des calmars venus prendre un bain de soleil sur notre pont. Mais à part cela, c'est le soleil, les nuages et la mer!
Alors que faisons-nous? Enfin pas grand-chose puisque le mouvement continu des vagues nous empêche de faire quoique ce soit de plus compliqué que de lire et, avec un effort monstre, de cuisiner. En fait, nous devions sérieusement faire une vidéo de l'une de nos séances de cuisine. Essayez de faire cuire un steak avec des légumes et des patates pilées pendant que votre cuisine se balance de gauche à droite sans arrêts. Nous devons nous appuyer sur le comptoir avec les jambes écartées et tenir toutes les choses d'une main et de manipuler les ingrédients de l'autre. Puis il faut aller chercher le lait dans le réfrigérateur. Oh nooooonnnnn! Marchant les jambes écartées comme un lutteur sumo nous avançons péniblement vers le réfrigérateur en nous tenant sur la table de navigation en priant que, pendant que nous sommes éloignés du comptoir de cuisine, une vague plus grosse que les autres n'arrive pas et jette tout les plats par terre. Finalement, nous avons le pot de lait et retournons rapidement vers le comptoir mais cette fois on est un peu plus rusés. On attend le moment précis pendant la vague pour partir alors que la gravité nous pousse vers le comptoir. Et hop, en deux pas on est de retour maintenant comment qu'on fait pour mesurer une tasse de lait avec une seule main? Je crois que vous voyez le topo ici. Lorsque nous ne faisons pas d'acrobaties avec la nourriture et les chaudrons, nous passons la majeure partie de notre temps à lire. Lors de nos deux premières nuits en mer, nous faisions tout à la lettre et alternions nos quarts toute la nuit. Mais faire des quarts c'est fatiguant et puisqu'il n'y a tout simplement rien ici à part nous, il n'y avait rien d'autre à faire que de s'assurer que le bateau se comporte bien et d'ajuster les voiles lorsque le vent tourne. Mais étant dans l'océan Pacifique en dehors de la saison des ouragans, nous sommes au beau milieu des Alizés et au mieux nous devons ajuster les voiles une fois à tout les 12 heures! Alors la troisième nuit nous avons commencé à faire des petits sommes durant nos quarts dans le cockpit puis à la quatrième nuit on s'est dit ''Ah pis tant pis!'' Nous avons alors commis le péché le plus réprimandable pour des marins et avons été nous coucher tous les deux pour la nuit! Mais là pour notre défense, je veux mentionner que nous couchons sur la banquette de la cabine autour de la table où nous pouvons facilement entendre ce qui se passe avec le bateau et se lever rapidement si quelque chose de grave arrive. De plus, nous avons les affichages des instruments de navigations à l'intérieure de la cabine et nous pouvons y jeter un coup d'oil une fois de temps en temps. Au moins comme ça on a un peu de sommeil décent.
J'exagère peut être un peu lorsque je dis qu'il n'y traitement rien ici puisqu'il y a en fait un peu de vie sauvage autour de nous. À deux reprises, nous avons vu des dauphins nager dans nos environs et aussi incroyable que ça puisse paraître, alors que nous sommes à des milliers de miles du plus proche bout de terre, il y a beaucoup d'oiseaux ici et là. L'un d'eux a même passé deux ou trois jours avec nous en se perchant sur la rambarde durant la nuit et en allant pêcher une ou deux fois durant le jour. Presque tous les jours, je fais le tour du bateau afin de vérifier que tous les cordages et les gréements sont en bon état et durant ma ronde je jette habituellement par-dessus bord quatre ou cinq poissons volants ou des calmars venus prendre un bain de soleil sur notre pont. Mais à part cela, c'est le soleil, les nuages et la mer!
samedi 3 avril 2010
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